BREAKING NEWS : La liberté d’expression

Le 26 février, Amnesty International publiait son rapport « Les droits humains au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ». Aujourd’hui, ce n’est ni premier, ne le dernier rapport sur la situation dans cette région du monde.

Dans ce rapport, de nombreux thèmes sont abordés : du droit des femmes à la lutte contre le terrorisme en passant par le droit des minorités, rien n’est négligé, tout est attaqué en profondeur. Pourtant, la première catégorie de ce rapport inclue le « musellement des médias et des associations ». Et oui, la liberté d’expression est encore et toujours un irréductible problème de cette région du monde. En Égypte, le président a ratifié deux lois, conférant à l’État un contrôle quasi-total sur les organes de la presse écrite, en ligne et audiovisuelle. En Palestine, de nombreux décrets limitant la liberté d’expression et d’action des organisations de la société civile sont mis en place. Le Code Pénal d’Oman, présente toute association « visant à combattre les principes de l’État sur les plans politique, économique ou social ou en matière de sécurité » comme étant une infraction. Au travers de cette région, les autorités ont interdit un grand nombre de manifestation. Dans d’autres pays, l’accès aux réseaux sociaux ou même à Internet ont été interrompu.

Au Maroc, la question de la liberté d’expression est toujours d’actualité. Cependant pouvons-nous dire que l'autocensure et les restrictions imposées par le gouvernement sur des sujets sensibles sont de sérieux obstacles au développement d'une presse libre, indépendante et d'investigation ?

 Que se passe-t-il lorsque l’islam est évoqué au café ? Quand la place de la femme est débattue devant la mosquée ? Quand une manifestation arrive devant le Parlement ?

Il semble adéquat de se questionner : les sujets tabous sont-ils normaux ? ou devrait-il être normal de parler de sujets tabous ? Déplorer un des principes de l’État, la religion ou la royauté, semble encore impossible de nos jours, et l’envie même semble avoir disparu. L’autocensure est de partie et personne n’arrive à s’en défaire dans un pays ou les mentalités peinent à évoluer ou à sortir des sentiers battus. Le sacré est-il toujours intouchable ? Jusqu’où pouvons-nous aller dans notre propre pensée ?

 Aujourd’hui, ce sentiment de chaînes ne semble pas s’évaporer, trop de sujets restent taboues dans une société qui se veut en voie de développement. Les mentalités restent bien trop étriquées au vu du potentiel que chacun pourrait atteindre. La tolérance de l’un et de l’autre semble bien trop éloignée pour être vrai. Cependant, il ne faut pas oublier que de telles questions n’aurait pas été possibles il y a une décennie de cela, un rassemblement comme le Mouvement du 20 février ? Encore moins ? Et pourtant, dans une vague de développement et d’avancement exponentielle, il serait dommageable de laisser l’humain derrière et espérer que tout aille pour le mieux. La politique de l’autruche ou le haricot magique ? Il y a un choix à faire si l’on veut vraiment discuter.

Rédacteur : BOUSSOUF MOUNDHIR, étudiant en Global BBA emlyon campus Casablanca